Son Histoire

Surnommé "le château aux cent fenêtres", il est l'un des plus vastes du Morbihan

Témoin vivant de l’histoire, le château de Loyat a traversé 300 ans en gardant ses caractéristiques de grande maison noble du XVIIIe siècle. Il nous renseigne sur l’organisation sociale de cette époque en nous plongeant dans l’art de vivre de la fin du Grand-Siècle.

Le château est construit entre 1718 et 1734 par l’architecte Olivier Delourme (1660-1729) pour René-Charles de Coëtlogon (1673-1734), vicomte de Loyat, en lieu et place d'un manoir menaçant ruine qu'il avait reçu en héritage à la mort de son père en 1704.

 

La  construction  est  en  partie  financée par  le Marquis Alain-Emmanuel de Coëtlogon  (1646-1730).  Sa position  importante à  la  cour de Louis XIV comme conseiller de la marine, conseiller d’état et vice-amiral du levant, lui permet de solliciter les avis de son réseau versaillais et en particulier des membres de l’académie royale d’architecture qui s’impliqueront dans la construction du château.

Construire un château à Loyat à cette époque est rendu très difficile par la nature et l'état du réseau routier et l'aspect isolé du lieu. Bien que la plupart des matières premières soient issues d'exploitations locales, leur acheminement est très compliqué.

Les lettres échangées à cette époque entre les acteurs de la construction du  château  donnent  un  éclairage  intéressant  sur  la façon dont on imagine, dessine puis construit un château au XVIIIe siècle.

VID-20210325-WA0003(1)(1)(1).gif

Alain-Emmanuel de Coëtlogon

Napoléon Marie de Nompère de Champagny

Le château sort de la famille Coëtlogon en 1792 après avoir successivement été reçu en héritage par deux fils de René-Charles de Coëtlogon, Louis puis Emmanuel-Louis, tout deux morts sans postérité. La carrière militaire de ces deux hommes ne leur a pas permis de réellement s’investir dans le projet de leur père et le château reste quasiment intouché et sans doute presque inhabité pendant plusieurs décennies.

En 1830, le Comte Napoléon Marie de  Nompère de  Champagny  (1806-1872),  un fils du Duc de Cadore et filleul de Napoléon Ier, acquiert le château et son parc. Quelques aménagements répondant aux goûts de l’époque y sont alors faits. Les douves sont démaçonnées et les pierres sont utilisées pour élever l'allée centrale qui conduit au château. Le Comte n'ayant pas eu d'enfants, le château est de nouveau mis en vente à la mort de sa veuve, Adèle Corbineau (1815-1885).

Les jardins et le parc sont réaménagés selon le style romantique par le nouveau propriétaire, le capitaine de vaisseau en retraite, Léon Auguste Delprat (1845-1909). L'histoire veut que ce dernier soit tombé par hasard sur la vente aux enchères du château de Loyat tandis qu'il allait visiter un autre domaine qu'il souhaitait acheter.  C’est à cette époque que la plupart des grands arbres du parc ont été plantés.

Aujourd’hui, le château reste bien conservé dans son esprit d’origine. L’organisation du parc est restée résolument classique et l’on devine encore très bien les grands espaces qui le composaient au XVIIIe. C'est la cohérence et l'ampleur de cet ensemble qui lui donnent sa valeur esthétique et culturelle. ​​

Le château de Loyat est un monument privé. Il est classé aux monuments historiques depuis le 8 août 1945.​